Il parait que partir c'est mourir un peu, je suis d'accord mais je dirais aussi que si l'on n'est pas complétement mort, c'est que l'on vit encore. Et si il reste de la vie, partir c'est aussi vivre. J’aime bien surfer sur ce site :
qui me permet de connaître un peu mieux des réunionnais qui comme moi ont quitté l’île de la Réunion, un jour, fruit d’une longue réflexion ou sur un coup de tête parfois sur un coup de tête après y avoir songé longtemps.
Car on ne quitte pas sa famille, parents frères et sœurs, amis d’une vie, terre de ses origines, sans se retourner une seule fois, ni sans verser une seule larme.
Dans les témoignages de ce site, les gens ont souvent quitté beaucoup de leurs attaches pour vivre autre chose, s’en sortir, continuer des études, trouver un job intéressant, pour faire leur vie en somme.
Tous repensent avec émerveillement à leur terre, île aux milles couleurs, île au très fort métissage, île de l’ouverture d’esprit.
Ce n’est pas le fait d’être sur l’île qui ouvre les esprits à autre chose, c’est d’y avoir vécu, je pense même qu’y avoir grandi.
S’élever d’enfant à adolescent, d’adolescent à jeune adulte dans une bulle,
où tout le monde côtoie le même espace sans que de grandes questions de tolérance de l’autre, de sa religion, de son mode de vie, de sa couleur de peau, de son origine raciale ne se pose,
est certainement la plus belle ouverture d’esprit que l’on peut offrir à un enfant.
Cela me fait toujours un pincement au cœur et j’éprouve une très grande fierté à lire ces témoignages de personnes établie tout autour du monde.
Car lorsque l’on vit à la Réunion et sauf à appartenir à une famille aisée, on ne voyage pas.
La Réunion c’est 2500 km², une ile dont on fait le tour en voiture en une journée et encore en s’arrêtant fréquemment tout au long de la route sur les points stratégiques : en partant de la saline les bains, sur le front de mer de St Leu (à même pas 20 km du point de départ !), sur le front de mer à St Pierre (quelques 30 km plus loin, pour le goûter !), puis à St Philippe ou à Grand anse pour le déjeuner (à peine à 40 mins de St Pierre), puis après la sieste des parents, (bien deux heures plus tard), au volcan, soit pour voir la dernière coulée, ou à la Vierge Parasol (pour le café), ensuite la longue route de Ste Rose, vers St André (sur laquelle les bas côté sont verdoyant et là où on enregistre un des plus hauts taux de pluviométrie de l’île), Puis retour par St Denis, St Paul et éventuellement un bain aux Roches Noires (en tout cas si pas de bain tour obligatoire par la route longeant la zone des hôtels entre St gilles et la Saline.
C’est une sortie classique du dimanche, en tout cas dans ma famille.
Mais ces paysages aussi magnifiques (et avec du recul, aussi regrettables) soient-ils quand on les a vus et revus, on s’en lasse surtout dans le cas où on a vu que ceux là.
On pense, en tout cas, je pensais qu’il y avait un ailleurs où l’herbe était plus verte (et pourtant, croyais moi, elle est verte à Ste Rose !!!
C’est peut être un de mes gros défauts d’ailleurs, de croire qu’il y a un ailleurs forcément mieux. Avec du recul, il mieux n’existe pas, c’est la différence qui attire.
Donc, pour revenir au sujet du jour, ces jeunes ou moins jeunes, qu’importe, sont partis à des centaines de kilomètres de chez eux. Pas difficile lorsqu’on est originaire de la Réunion, beaucoup de pays sont à des centaines de kilomètres, la France à 1000 centaines de kilomètres, l’île Maurice, sa plus proche voisine à 2 centaines de kms.
Partir, c’est donc partir loin, avec l’incertitude de revenir rapidement ou un jour.
Beaucoup ne reviennent pas, ils en rêvent un temps, le font ou pas.
C’est marrant parce que partir de la Réunion pour Paris par exemple, on y songe, on y réfléchit, on pèse le pour et le contre, en revanche, quitter son quotidien en région parisienne pour la réunion, on en rêve.
Subtilité du langage ?!!
Mon sujet !
Partir oui mais pour faire quoi, souvent c’est l’avenir qui en décide car les parcours se dessinent parfois au fil du temps qui passe, des expériences vécues, des personnes rencontrées, des opportunités offertes mais tout est guidé constamment par une main de fer qui tient la volonté.
Volonté de réussir dans ce que l’on fait car on n’a pas le choix, on a pris une décision, il faut s’y tenir, on a choisi de partir pour faire quelque de sa vie, un peu comme si y être resté aurait fait de nous un vaurien, un rmiste, un traîne la savate ou un tire au flanc.
Non rester n’aurait certainement pas eu cette conséquence car par delà les océans, les personnes qui ont réussi ici, en France, à Paris ou dans un village retiré des Pyrénées, ailleurs aux Etats-Unis, en Afrique ou en Honduras aurait quand même réussi à s’accomplir à la Réunion. Non elles ne se serait pas accomplies car c’est le caractère qui leur coule dans les veines qui font qu’elles ont réussi à partir, puis réussi à s’adapter, puis continuer à réussir.
C’est en ça que je me sens fière des personnes, appartenant à un groupe auquel j’appartiens également, groupe autour de cette force, de cette rage de se dire que nous ne sommes pas aller nous installer ailleurs pour rien mais parce que nous l’avons bel et bien voulu et nous accomplissons en cela.
A visiter pour ceux qui s’intéresse à l’être humain élargi à la sociologie réunionnaise